Prêt Brasseur: Contrat Pour Financer un Bar ou Restaurant

Vous voulez ouvrir un bar sans apport, ouvrir une brasserie ou ouvrir un restaurant sans avoir de l’argent de côté ? Pour réussir, vous avez la solution classique, celle de faire un emprunt bancaire.

Mais laissez moi vous parler d’une autre aide financière: le prêt brasseur.

Comment ça marche ? Votre distributeur de boisson va vous prêter une certaine somme en échange de votre engagement à vous fournir chez lui. Dans cet article, je vais vous expliquer comment ça fonctionne. 



Le prêt brasseur est une alternative pour financer votre projet

Vous pouvez passer par une banque pour faire un emprunt. C’est un financement classique, mais qui ne couvrira pas toujours la totalité de vos besoins financiers si vous vous lancez dans le commerce. Surtout que les banques exigent de bonnes garanties et des fonds propres avant de vous prêter quoi que ce soit.

À lire aussi : il y a une association qui prête de l’argent sans intérêts en Loire Atlantique jusqu’à 200 000 € : le FONDES (fonds de développement solidaire).

Parmi les alternatives existantes pour compléter votre budget, il y a le prêt brasseur. Mais attention, celui-ci est stricte dans sa rédaction et sur ce que ce doivent mutuellement les 2 parties.

Les brasseurs prêtent de l’argent

  1. Le brasseur que vous allez choisir comme partenaire peut vous proposer des aides financières pour compléter votre apport personnel, si vous gardez dans votre esprit l’option « prêt bancaire ».
  2. Il peut se porter caution pour vous auprès des organismes financiers que vous allez solliciter.
  3. Il peut remplacer la banque pour vous apporter le prêt principal dont vous avez besoin pour ouvrir votre affaire.
  4. Il peut aussi vous faire un petit prêt de 20 000 € ou plus si vous avez besoin de trésorerie pour passer une période difficile.

Il peut s’agir d’argent mais aussi d’autres choses

Un brasseur peut faire beaucoup de choses pour votre bar ou pour votre restaurant, surtout au niveau du matériel, qui représente pour vous de gros investissements. Il peut ainsi :

  • Vous prêter la machine à café.
  • Vous mettre à disposition une pompe à bière, l’installer et l’entretenir.
  • Investir dans le matériel dont vous avez besoin.
  • Vous avoir une licence IV.
  • Vous avancer de la marchandise avec un différé de paiement.
  • Faire des travaux pour rénover votre local…

Ce qui doit figurer dans le contrat

  • Le montant prêté : il peut s’agir d’une petite somme mais aussi d’une très grosse. Tout va dépendre de la taille de votre projet.
  • Les engagements du propriétaire quant à l’exclusivité de son fournisseur : si vous allez vous servir ailleurs, le contrat peut être rompu et vous aller devoir rembourser le prêt (mais vous n’irez pas en prison pour cela, rassurez-vous).
  • La durée : vous vous engagez à respecter l’accord pour un certain nombre d’années.

Bon à savoir

Les contrats d’exclusivité ne peuvent pas porter sur plus de 5 ans. Si on vous met du matériel à disposition, c’est à l’entreprise dépositaire de l’entretenir ou de le changer en cas de panne, à ses frais. Si vous voulez casser un contrat en cours avant son terme, préparez vous à sortir le chéquier pour payer les pénalités : et elles sont lourdes !




Voici un modèle de contrat : regardez-le. Il est simple et ne fait que 4 pages. Les deux parties vont droit au but. Les droits et les obligations de chacun y sont clairement notifiées. Rien d’exceptionnel à signaler.

Contrat de prêt brasseur (version pdf)

1. L’objet du contrat : Il est clair puisqu’il vise pour le client à disposer d’avantages « économiques et financiers ».

2. La nature de l’aide du brasseur : il s’agit ici d’une caution sur un prêt de 37500 €. Le brasseur y ajoute une remise de plusieurs milliers d’euros en fonction du débit.

3. L’exclusivité d’approvisionnement : elle est ici de 5 ans avec une obligation de débit. Si celle-ci n’est pas atteinte, les sommes devront être remboursées.

Vos obligations

N’oubliez pas qu’il s’agit d’un contrat entre 2 professionnels : vous et le brasseur. Si vous avez lu le contrat PDF au dessus, vous avez vu qu’il faudra en passer des hectolitres ! Par contre, cette obligation ne portera jamais sur les spiritueux, qui sont propriétaires de leurs propres marques.

N’oubliez pas que si vous signez un contrat de ce type, vous donner votre accord. Je vous recommande donc de ne jamais faire ce type d’opération lorsque vous êtes acculé par les dettes ou par le temps. Un contrat brasseur doit être une source de financement parmi d’autres, mais jamais le dernier recours.

Comment obtenir un prêt brasseur ?

Ces grands groupes de distribution de boissons ne demandent que cela, et pour y arriver, ils proposent des conditions plus attractives que les banques, notamment en terme de garanties. Si les choses se passent mal pour le commerçant, ils sont toujours propriétaires de leurs machines et viennent simplement les récupérer.

Au niveau de la marchandise, si vous manquez de fonds propres, vous avez donc la possibilité de vous lier avec votre brasseur. Cette trésorerie est la bienvenue quand on créé un café. Parlez en au commercial dès que vous allez le rencontrez si vous avez besoin de ce genre d’aide. Il se fera un plaisir de la mettre en place (en principe).

Qui sont ces brasseurs qui prêtent ?

Voici les principaux :

  • France Boissons (Heineken)
  • Elidis (Kronenbourg)
  • Olivier Bertrand Distribution (Stella Artois et Beck’s).

Pourquoi un prêt brasseur n’est pas toujours une bonne idée ?

Le contrat brasseur n’a pas que des avantages.

1. Vous aurez du mal à négocier

Faire un prêt à votre fournisseur principal vous lie. Alors comment lui dire non quand il va augmenter ses prix, puisque vous êtes tenu de vous fournir chez lui ?

C’est le prix à payer pour obtenir un prêt d’argent ou de matériel : pompe à bière, percolateur… Et même la licence IV dans des régions où elle est devenue très difficile à obtenir du fait de son prix !

2. Vous n’allez pas pouvoir commander ce que vous voulez

Réfléchissez bien avant de vous lancer dans cet échange de bons procédés. Car signer un contrat d’exclusivité avec son brasseur, c’est ne pas pouvoir se fournir ailleurs sur certains produits. Pas toujours facile si vous défendez l’artisanat, le bio ou le bon. Préparez-vous à ne diffuser que des grandes marques !

C’est une technique de fidélisation pour ces gros groupes qui ont les moyens financiers de le faire. C’est pourquoi bien souvent, on retrouve les mêmes produits chez tout le monde.


Mon avis sur le crédit brasseur

1. Pourquoi je vous conseille de vous en passer

Pour rester original dans votre concept, mieux vaut avoir les reins assez solides pour ne pas fonctionner comme ça. Mais peu nombreux sont les repreneurs d’entreprises ou les créateurs à les avoir.

Le pire dans tous ça, c’est que les produits industriels sont vendus plus chers qu’ils devraient l’être. Ainsi, un fût d’une marque très connu peu dépasser en prix celui d’une bière artisanale.

2. Pourquoi tout n’est pas perdu

Les brasseurs sont des gens intelligents qui savent s’adapter aux exigences du marché. Si la clientèle dans son ensemble recherche des produits artisanaux, ils finiront par en proposer à leur catalogue. Aux gérants de bars et de restaurants de faire pression sur les commerciaux pour faire bouger les choses.

Je vous recommande de ne pas avoir peur de négocier

Ce n’est pas parce que vous empruntez de l’argent que vous devez dire oui à tout. Le brasseur ne peut pas avoir tous les pouvoirs, sinon autant lui laisser les clés. Il a des obligations envers vous. Vous pouvez aussi négocier sur certaines parties du contrat en jouant sur :

  1. Les volumes que vous devez passer chaque année. Plus ils sont bas, mieux c’est pour vous.
  2. Les remises. Le brasseur peut vous en faire. C’est avec elles que vous réussirez à conserver un tarif moyen correct.
  3. L’exclusivité, en tentant de l’assouplir. Essayez d’obtenir le droit de vendre des produits plus confidentiels, qui vous permettront de capter une autre clientèle.
  4. Les conditions pour rompre le contrat. Là encore, plus elles sont souples, mieux c’est.

Au final, si le prêt brasseur permet de vous installer plus facilement, il finira par peser sur votre trésorerie. Les anglais, grands buveurs de bière, ont carrément interdit le prêt brasseur, qui pesait trop sur les pubs de par les prix pratiqués et sur les petites brasseries artisanales qui n’arrivaient plus à placer leurs produits : résultat, les consommateurs trinquaient dans tous les sens du terme.

Mon avis : si vous n’avez pas les moyens de vous lancer sans cela, et bien… Ne le faites pas ! 

Je vais vous donner d’autres pistes pour financer votre affaire autrement !

Voici comment ouvrir un bar ou un restaurant sans argent

Vous pouvez réunir des fonds pour reprendre un bar ou pour lancer votre propre restaurant sans forcément avoir un gros apport ou faire un prêt brasseur. Sachez que c’est possible, même s’il va falloir faire preuve de débrouillardise et de patience ! Cela peut vous prendre un peu de temps de réunir l’argent.

1. Si vous débutez dans « la vie » : pensez à la location gérance !

C’est une très bonne formule pour vous faire la main, avant de prendre votre propre affaire. Et puis, rien ne vous empêche de faire mettre une option d’achat dans votre contrat de location gérance.

Concrètement, avec cette formule, vous aurez les clés, vous ferez « ce que vous voudrez » mais vous paierez un loyer. Le fonds de commerce ne vous appartient pas, mais vous en êtes l’exploitant. C’est parfait pour vous faire la main, et voir si cette affaire est une « bonne affaire » avant de passer à l’étape de l’achat et surtout d’emprunter.

2. Vos proches peuvent être vos premiers investisseurs

C’est assez à la mode. On appelle cela la Love Money : c’est l’argent qui vient de la famille ou des amis. Si vous avez dans votre entourage des gens qui ont de l’argent, sondez-les pour savoir si l’idée les tente. En échange de leur investissement, ils peuvent aussi, plutôt qu’un prêt, prendre des parts du capital.

Si vous devez emprunter à des particuliers, faites le donc plutôt avec des gens que vous connaissez plutôt qu’avec des inconnus. La relation de confiance sera bien plus facile à établir et vous éviterez les arnaques. Reste que mélanger argent et amis, cela peut parfois s’avérer compliqué à gérer, surtout si vous avez des difficultés à rembourser.

3. Pensez au financement participatif : de l’argent en échange d’une bière

Les sites de crowdfunding se multiplient comme le pain. En échange de dons d’argent, vous proposez des repas, des boissons, ou tout autre cadeau dès que vous serez ouvert. C’est aussi une bonne façon de faire la publicité de votre établissement et de commencer à fédérer une communauté autour de vous.

Reste que ce genre de financement dépasse rarement les 10 000 €. Vous ne financerez donc pas le lancement de votre restaurant avec le crowdfunding. Mais ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières.

Si vous voulez en savoir plus sur le crowdfunding, regardez cette petite vidéo de Conso Mag.

Le crowdfunding, mode d'emploi

4. Pensez à vous associer

Vous avez les compétences mais pas l’argent ? Très bien. Vous allez devoir trouver quelqu’un qui a l’argent mais pas les compétences. Si vous n’avez pas les fonds, ou un montant trop faible pour vous lancer seul, vous devez accepter de vous associer.

De toute façon, démarrer une affaire tout seul n’est pas une bonne idée. Vous avez besoin d’un contre pouvoir, de quelqu’un qui vous fait prendre de la hauteur. Difficile de rester objectif si vous êtes seul à tout gérer. L’entreprise est un exercice de longue haleine.

5. Organisez une tombola

L’exercice peut vous permettre de rassembler beaucoup de gens autour de votre projet, de le faire connaitre, et d’en financer une partie. Comment faire ?

Vous éditez des tickets chez un imprimeur, cela va vous coûter très peu d’argent. Vous choisissez un gros lot, un week-end à Venise par exemple. Vous demandez à toutes les personnes de votre entourage de bien vouloir vous vendre quelques carnets. La tombola peut faire boule de neige, et vous pouvez gagner beaucoup d’argent juste avec cela.

J’espère que les quelques pistes que j’ai évoqué ici vont vous donner des idées, et surtout vont vous permettre de concrétiser votre projet d’entreprise. Vous n’avez plus qu’à vous retrousser les manches. Au travail, et bonne chance !

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