Ouvrir Un Compte Bancaire En Angleterre

Le Brexit étant encore loin d’être appliqué, ouvrir un compte en Angleterre est toujours possible, et aux mêmes conditions qu’avant. Et il peut y avoir de multiples raisons pour cela : étudiant Erasmus, jeune fille au pair, mais aussi interdit bancaire en France. Reste à savoir comment cela se passe pour les non-résidents ou pour ceux qui veulent ouvrir le compte bancaire depuis la France. Et si la meilleure banque pour les jeunes (et les moins jeunes) se cachait de l’autre côté de la manche ?

Travailler en Angleterre : quelle banque choisir ?


Quand on s’expatrie, pour quelques années ou pour seulement 2 mois, on ne peut se passer d’une banque sur place à partir du moment où on va gagner de l’argent. Dans le cas contraire, impossible de recevoir son salaire, avouez quand même que ça serait ballot !

De la même façon, il ne vous sera pas possible de louer un appartement sans fournir u  numéro de compte local à votre propriétaire. Les banques à Londres, pour ne parler que de la capitale sont nombreuses. Il va donc falloir faire un choix, et le plus souvent à distance, après s’être bien renseigné. Parmi les plus connues : HSBC, Barclays et la Lloyds.

Afin d’arriver fin prêt dans le pays, le mieux est encore de prendre les devants, et d’ouvrir son compte de France, de Belgique ou d’ailleurs. Cela n’a rien d’exceptionnel, même quand on n’a pas encore de justificatif de domicile sur place (trouver un logement décent à des prix abordables sera un tout autre combat). Attention : il est possible que cette ouverture à distance soit payante, mais quand on aime on ne compte pas.

S’apprêter à vivre quelques temps sans carte bleue

Si une ouverture n’aura rien de sorcier et permettra de se faire virer son salaire sans anicroches, il n’en sera pas de même pour les moyens de paiement. Ceux ci ne sont délivrés qu’après que la confiance se soit installée. Si la banque ne vous connait pas, elle ne vous accordera pas de carte de crédit ni d’autorisation de découvert.

Pareil pour le chéquier. Il faut dire qu’un expatrié, avec ou sans passeport est toujours regardé avec méfiance, mais la règle est valable dans le monde entier. Pour changer la donne, et obtenir sa CB, et bien il faudra que la paie arrive régulièrement sur le compte. Que l’on soit sur place ou que l’ouverture se fasse en ligne, la donne est la même sur ce sujet là.

Toutefois, ce qu’on vous proposera très vite, après quelques jours, c’est une carte de débit. Elle ne permettra pas de payer à crédit, mais vous pourrez retirer de l’argent avec aux distributeurs. Obtenir un compte bancaire traditionnel en Angleterre prend en moyenne 6 mois. Si vous utilisez votre carte française pour cela, sachez qu’il faudra régler des frais à chaque retrait à moins de bénéficier d’accords entre banques.

Documents et autres papiers nécessaires


Pour ouvrir un compte dans une banque britannique, même sur Internet, il faut avoir un passeport en cours de validité. Si celui-ci est arrivé à expiration, faites les démarches de renouvellement avant, afin d’anticiper la délivrance du nouveau sésame. Toutefois, une carte d’identité peut suffire.

S’il ne vous est pas encore possible d’avoir un justificatif de domicile à votre nom et à une adresse en Angleterre,  il faudra quand même une facture, du type eau, téléphone ou électricité, appelée là-bas utility bill. Attention : la facture devra avoir moins de 3 mois. Là encore, les démarches peuvent être faites de chez soi pour ne pas se retrouver le bec dans l’eau. N’oubliez pas le proverbe : gouverner c’est prévoir.

Certaines banques voudront savoir si vous êtes un bon client dans votre établissement actuel. Elles vous demanderont donc vos derniers relevés de comptes. A vous d’accepter ou non, d’autant plus que cette demande n’a rien de systématique.

Les spécificités anglaises

banque angleterreDifficile de faire la preuve de sa bonne moralité quand on s’expatrie, à moins de passer par une banque anglaise en France. C’est la raison pour laquelle on vous demandera souvent un garant britannique, ou de quelqu’un qui habite là-bas depuis plusieurs années, qui attestera par une jolie lettre que vous serez un client sérieux.

Si vous ne connaissez personne mais que vous avez décroché un emploi, ce garant pourra être votre patron, qui attestera également des espèces sonnantes et trébuchantes qu‘il va vous verser pour vos bons et loyaux services.

Pour aller plus loin dans la démarche, on peut aussi demander à sa banque en France de rédiger un courrier avec tous les renseignements financiers vous concernant, notamment pour faire accélérer la procédure de délivrance d’une CB. Attention : la lettre devra être en anglais.

Pour être certain d’être accepté partout

il faut : une adresse sur place, un emploi et son numéro national d’assurance, sachant que réunir le triptyque n’a rien d’évident, surtout que comme en France, c’est le serpent qui se mord la queue. Toutefois, être étranger génère quand même quelques passes-droits (à condition d’avoir de l’argent à déposer), certaines offres bancaires s’adressant même directement aux expatriés. Pour les étudiants bonne nouvelle : pièce d’identité et lettre de son école suffisent.

Bon à savoir

Les anglais attachent beaucoup d’importance à la qualité de la signature. Ainsi, si votre passeport date de votre petite enfance, et que l’avez signé avec vos petits doigts boudinés, il y a fort à parier que votre signature d’adulte n’en soit qu’une lointaine imitation.

Hors, si les deux paraphes manuscrites ne se ressemblent pas, cela peut vous occasionner des problèmes dans l’optique de la fourniture de tous ses documents pour ouvrir son compte bancaire. Cela peut vous occasionner des problèmes.

Une fois le compte ouvert, le nouveau client recevra donc sa carte de débit, pour retirer et payer (mais qui ne permet pas d’être à découvert), un numéro de compte et un code, pour consulter ses comptes sur le net et faire des virements, et l’équivalent d’un RIB (IBAN) à transmettre à ses créanciers (propriétaire entre autre).

Comment trouver la bonne banque ?


banque anglaiseCompte en euro, en livre sterling, compte perso, compte pro… Quand on se promène dans la city, on ne sait plus où donner de la tête tant il y a d’établissements bancaires. Entre la Royal Bank of Scotland, Metro Bank, TSB et la Bank of England, votre coeur risque de balancez.

L’essentiel étant de ne pas le faire chavirer en faisant le mauvais choix. Il faut donc s’y retrouver dans cette jungle là. Le meilleure moyen, quand on a déjà des contacts en Angleterre ou des amis, c’est le bouche à oreilles. Si un autre expat vous dit qu’il est content de sa banque, l’expérience semble vouloir le coup d’être tentée.

Autre moyen : les associations de consommateur (comme Wich). Un rapide tour des forums en ligne vous en apprendra beaucoup, mais mieux vaut pour cela maîtriser la langue de Shakespeare.

Si l’ouverture prend un petit peu de temps

Il est toujours possible de changer ses euros en livres sterling. Pour ne pas payer des frais inutiles et entrer dans cette peau du pigeon qu’on aime tant à l’étranger, il ne faut pas changer son argent n’importe où. On évitera donc les aéroports et les quartiers ultra touristiques.

Le mieux est de changer son argent lors de la visite de la City pour trouver son établissement financier si cela n’a pas été fait avant le départ. Un sou est un sou, et on ne devient pas riche en dilapidant ses économies.

Les différents comptes anglais

Une fois arrivé dans ce beau pays qui vient de rejeter l’Europe, vous vous dirigerez tout naturellement vers l’ouverture d’un current account, qui n’est rien d’autre qu’un compte courant. Son ouverture est en principe gratuite, fuyez les banques qui veulent vous taxer pour cela, à moins qu’il y ait des services supplémentaires associés, et dont vous avez besoin, comme une deuxième carte (pratique quand on est en couple).

Tout comme en France, on peut aussi y ouvrir un compte épargne, appelé là-bas saving account. Généralement, l’ouverture des deux se fait en même temps, et toujours gratuitement. Un dépôt minimum sera toutefois requis, jusqu’à 500 livres dans certaines banques. Les intérêts eux sont intéressants, bien plus que le livret A en France.

Autre avantage : avec sa carte de débit, on peut aussi retirer de l’argent dessus au distributeur. Il existe d’ailleurs l’équivalent du livret A en Angleterre (intérêts défiscalisés) appelé compte ISA. Comme chez nous, les dépôts sont limités et il n’est possible d’en ouvrir qu’un seul par personne.

Ouverture de compte bancaire pour une société en Angleterre


Même si le Brexit et ses conséquences à venir ont refroidit bien des ardeurs, une société peut avoir besoin de le faire. Mais quand on est un chef d’entreprise qui travaille déjà 18 heures par jour, on a autre chose à faire que de se lancer soi même dans ces complexités administratives.

Même chose pour la langue : tout le monde ne parle pas anglais au point de se faire comprendre. C’est la raison pour laquelle beaucoup d’intermédiaires proposent ce service, facturé en moyenne 600 euros. Si la chose vous intéresse, faite un tour sur le net, il y a de nombreuses offres de ce type pour l’ouverture d’un compte en livres sterling. C’est encore possible en euros, mais jusqu’à quand ?

Les intermédiaires ont l’habitude de monter des dossiers pour des entreprises étrangères, et de travailler avec des partenaires bancaires. Cela peut donc faciliter les choses, et permettre de gagner du temps avec des aller-retours de paperasse inutiles.

Un dossier peut ainsi déboucher sur une ouverture en 10 jours, même pour un interdit bancaire (procédure toutefois plus longue pour ce dernier). De toute façon, avec Internet maintenant, on peut facilement ouvrir un compte à distance et gérer ses opérations sans se déplacer même si Londres est une belle ville.

Bon à savoir : il est recommandé de déposer au moins 1000 euros lors de l’ouverture, les banques aimant bien savoir qu’il y a un peu d’argent sur le compte.

Pourquoi créer une société en Angleterre ?

Au vu des derniers événements, on se le demande plus qu’avant. Pourtant, la Grande-Bretagne, et en particulier l’Angleterre conserve encore bien des attraits pour les entrepreneurs qui souhaitent s’y installer. La raison première ? La fiscalité bien sur.

D’abord l’impôt sur les sociétés. Celui va de 0 à 30% en fonction des bénéfices. Cela permet de le payer progressivement. L’impôt sur le revenu va de 10 à 40%, avec un prélèvement à la source, mais pas d’ISF pour les grandes fortunes. La TVA, elle, n’est que de 17,5%. Passons ensuite à la création.

Les formalités sont réduites

L’administration plus conciliante avec les créateurs et les banquiers beaucoup moins frileux quand il s’agit de prêter de l’argent, même s’ils se rattrapent avec les taux. Si la banque dit non, ou pas d’ailleurs, sachez qu’il existe outre manche de nombreux business angel qui ne demandent qu’à financer des start-up.

La deuxième raison ? L’économie britannique, extrêmement dynamique, permet de réaliser un gros CA si les affaires vont biens, avec peu de charges fixes en rapport, car les Etats-Unis ne sont jamais très loin. La troisième raison ? Le coût du travail et celui des salariés, surtout pendant les premières années. La législation aussi, pour l’embauche ou le licenciement. Cette flexibilité permet de s’adapter aux changements, en bien comme en mal.

créser sa société en angleterre

Pour constituer sa société, pas besoin de capital minimum. L’équivalent de la SARL française est la PLC là-bas. La constitution est rapide et ne coûte presque rien. De 1 à 10 jours.

Du côté des mauvaises nouvelles, car il y en a quand même, un petit mot sur les loyers des locaux commerciaux qui battent des records à Londres. Pour avoir de bons prix, il faut s’éloigner de la capitale où des sortes de zones franches existent, on les appelle « innovation center ».

Les conséquences du Brexit

On ne pouvait pas terminer cet article sans avoir un mot pour le cataclysme, avec un grand B : le Brexit ! Mais personne ne sait vraiment ce que cela va changer pour les entreprises. Pour les banques en revanche, c’est catastrophique, l’accès au marché européen étant bientôt fermé, dès l’entrée en vigueur des mesures.

Il faut dire que faire partie de l’union européenne permettait aux marchés financiers de faire de très bonnes affaires, puisque les opérations dans les pays concernés étaient libres. Les succursales des banques anglaises ont donc fleuri dans les pays de l’union.

Sauf que ça, c’était avant

A moins que les négociations de sortie donnent des passes droits qui permettent de se rapprocher de la situation actuelle, et les clients des banques vont regarder cela de très près, surtout les français qui ont des comptes dans une banque anglaise.

Toutefois, si elle est domiciliée en France, il n’y aura pas de souci, il n’en sera pas de même pour les clients de succursales. En tout cas à court terme, personne n’a à s’inquiéter pour l’instant des conséquences. La période nécessite néanmoins de se renseigner pour connaître les projets de la banque dont on est le client, afin d’anticiper.